Le foot au pays des Lions indomptables

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Can Total Cameroun 2019: A 11 mois, les cœurs n'y sont pas encore
Can, Cameroun 2019: Les prémices d'un échec généralisé!
Par: Christian Djimadeu, journaliste
Can, Cameroun 2019: Les prémices d'un échec généralisé! Moins d'un an nous sépare du coup d'envoi de la 32e édition de la CAN confiée à notre pays le Cameroun. Dans les rues de la capitale camerounaise, ses lieux de sortie, on peine à croire qu’un événement de haute importance se déroulera dans le pays dans quelques semaines. Les polémiques créées autour des questions d'infrastructures confinent finalement l'opinion publique à l'idée qu'une CAN se résume au développement des stades de football. Et c’est presqu'ainsi depuis 2014 que le pays a été officiellement désigné organisateur de la 32eme édition.

A onze mois du coup d'envoi de la CAN, le côté populaire de l'événement est manifestement sacrifié a l'autel des questions d'architecture. Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir pensé. 

 

En janvier 2018, des panneaux publicitaires annonçant l’événement avaient  été disposés aux points stratégiques de la capitale Yaoundé. Il s'agissait  d'" une campagne de prémices. La Can est un spectacle, et il n’y a pas de spectacle sans spectateurs. Il faut mobiliser le public, il faut inscrire dans la structure mentale de ce public que nous sommes déjà dans la CAN_ », expliquait  le Prof Félix Zogo  président de la Commission communication au Cocan 2019, dans les colonnes du quotidien national Cameroun Tribune du 12 janvier 2018.

 

Sauf que le non moins Inspecteur général des services du ministère de la Communication, ne s'imaginait pas que la stratégie d'anticipation  à laquelle avait opté sa commission, allait plutôt rallonger les polémiques sur la Can camerounaise.  

Sur  internet et dans les médias, des voies se sont élevées pour dénoncer « la laideur_ » et de l’« amateurisme_ » des concepteurs de ces affiches.  Entre photos floues, cultes de la personnalité (président Paul Biya). et infos erronées, tout ou presque avait été jeté au visage de la Commission communication du Cocan, qui n'en a plus osé. 

 

Le sort  du Cameroun

 

Un malheur ne faisant jamais  cavalier solitaire, le vrai/faux débat sur les infrastructures refait surface. Le sujet avait déjà monopolisé l'actualité pendant plusieurs mois. Suite aux inquiétudes exprimées par  la Confédération africaine de football (CAF), et qui ont suscité  une levée de boucliers du gouvernement. Le président de la CAF laissera  entendre que le Comité exécutif sera intransigeant sur le respect du cahier de charges. 

 

Malgré la légère accalmie dans les relations entre l'instance continentale du football et le pouvoir de Yaoundé, une sorte d'épée de damoclès plane toujours sur la tête du Cameroun. D'où le propos du ministre des Sports et de l'éducation physique lors d'une réunion tenue le 5 juillet dernier  avec les entreprises engagées dans la construction et la réhabilitation des infrastructures sportives et hôtelières, pour préparer la prochaine visite des experts de la CAF.  " _La troisième mission d'inspection arrive pour une évaluation qui sera déterminante pour le sort de la CAN Total Cameroun 2019"_ , alertait Pierre Ismaël Bidoung MKpatt. 

 

Dans un tel contexte de pression et de qui vive permanent, les autres commissions de préparation de l'événement sont en veilleuse. L'une des conséquences  de cette situation est que le citoyen lambda qui aimerait " _sucer la CAN_ ", c'est-à-dire profiter pleinement de l'organisation de cette compétition dans son pays pour mener un certain nombre d'activités, a tendance  a ne plus se retrouver.

 

Il est de notoriété que la CAN a longtemps cessé d'être un rendez-vous purement sportif,  pour charrier d'autres enjeux.  Son organisation est autant disputée de nos jours à cause de ses retombées politiques, économiques et diplomatiques. Il s'agit  d'une grande fête continentale,  un moyen de tourisme et de loisirs,  de cohésion nationale,  d'opportunité  d'affaires, de brassage inter-communautaire, de promotion des potentialités d'un État pour son rayonnement international. 

 

" Bruxellesgates"

 

Le  vendeur ambulant de gadgets (maillots et t-shirts aux couleurs des équipes) qui vivra sa première Coupe d'Afrique doit savoir qu'il peut déployer ses étalages bariolés,  les opérateurs de la grande distribution  doivent être sensibilisés qu'il est possible de renflouer les stocks de marchandises et espérer des ventes records au vu de l'affluence lors de tels événements. Le petit transporteur, _"petit dieu_ en pareille circonstance_ ", -avec qui il faut désormais bien négocier pour espérer une place assise- doit se préparer à relooker son véhicule et réviser ses règles de bienséance. De même que la restauratrice qui aura mieux aménagée son espace pour satisfaire une forte clientèle.  La CAN dans les pays d'Afrique subsaharienne c'est aussi la bière qui mousse à tous les carrefours et même  dans les stades.  

 

Malheureusement,  ce côté événementiel n'est pas (assez) présenté  au public qui est un acteur majeur de la réussite d'une CAN. L'on se serait attendu  que la diffusion du logo et de l'appellation officielle de la compétition: "CAN Total Cameroun 2019", sonna le début d'une campagne plus aboutie de promotion de l'événement. De manière à amener le public camerounais réputé fan de foot -  son sport roi  - à préparer lui aussi sa CAN. Surtout quand on sait que  l'improvisation porte  en général malheur  dans le monde des affaires. 

 

Pour l'instant, aucune sensibilisation, aucune mobilisation,  tout est morose, la préparation de la CAN se résume aux problèmes des stades, aux invectives,  grèves sur les chantiers, à la réception des missions d'inspection de la CAF qui donneraient même du tournis, et  aux élucubrations à la Fédération camerounaise de football mise sous perfusion de la FIFA depuis 2013. 

 

La morosité est également entretenue par les contre-performances de notre équipe nationale sans sélectionneur depuis février dernier.  La crinière des champions d'Afrique en titre s'est complètement reposée. Personne n'a oublié le fameux "Bruxellesgates" où l'équipe, fraîchement auréolée de son sacre continentale,  avait été interdite d'accès au restaurant de leur hôtel pour facture non payée.  Puis l'élimination au premier tour de la coupe des Confédération en juin 2017,  ensuite l'échec à la   qualification au mondial Russe.  La dernière apparition des Lions indomptables remonte au mois de mars en match amical perdu (0-1) contre le Burkina Faso. 

 

La Copa America en adversaire

 

 

Au plus tard en janvier 2019, la  CAF  réceptionnera les infrastructures hôtelières de la CAN, trois mois plus tard ce sera au tour des stades. Preuve que la compétition arrive à grands pas. En déclarant: " La CAN 2019 c'est déjà demain. Le Cameroun sera prêt le jour dit"_ , le Chef de l'État Paul Biya prenait un engagement solennel sur l'honneur. La réussite de cet événement devrait donc se faire par la prise en compte de tous les facteurs liés à sa réussite.

Car au delà du volet des infrastructures, un travail de fond mérite  encore d'être fait. Les volets marketing et communication doivent vite se ressaisir pour garantir la  popularité de l'événement.  Il ne sera pas juste question de remplir les stades par des méthodes bien connues auquel il ne convient point de rappeler ici. 

 

Les potentiels obstacles à ce dessein devraient être identifiés et neutralisés quand il est encore temps.  Le premier qui semble échapper à l'attention des membres du Cocan, découle de la modification du calendrier de la compétition qui se jouera dès 2019 sur la période pluvieuse de juin/juillet et non plus janvier/février.  Juin/Juillet c'est le moment où les télévisions dans le monde consacrent leurs écrans au tennis, à l'athlétisme, à la natation, à la Copa America qui est l'équivalent de la CAN pour le continent Américain. Le Brésil accueillera la prochaine édition du 4 au 12 juillet 2019. 

 

Du point de vue de la visibilité, il est clair que la CAN du Cameroun aura maille à partir avec ces rendez-vous sportifs d'envergure. La bataille aux téléspectateurs et au touristes est d'ores ainsi lancée. 

 

Membres du Cocan ou état du Cameroun,  il faut donc se lever tôt !! Appuyer sur  les lévriers nécessaires tant qu'il est temps. Un événement sportif ne concerne pas que les aires de jeu. Vive notre +237.

Merci

 

Sportivement...

Christian Djimadeu, journaliste 

christiandjimadeu@gmail.com

 

 
13-07-2018 18:04:51
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